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2025 ET......QUELQUES ANNEES PLUS TÔT

par Joël MARC 21 Février 2026, 09:16

Une image surprenante de Jade.

Une image surprenante de Jade.

                                     UNE IMAGE ETONNANTE

 

Cette année j'ai souvent utilisé le drone, plus souvent que les années précédentes, sans doute parceque l'expérience me rend un peu plus audacieux.

Il faut quand même réaliser que je n'ai jamais décollé ou atterri d'une surface horizontale, immobile, stable, dont la position GPS est immuable. Non, trop facile!

J'ai toujours volé au départ de Jade, en mer, et le propre d'un bateau c'est de bouger. Même au mouillage Jade adore tourner autour de sa chaîne, juste pour compliquer un peu plus les choses.

Je ne compte plus les fois où, à court de batterie, les alarmes se sont mises à hurler tandis que mon drône, invisible à des kilomètres de moi, rappliquait à toute vitesse pour regagner très exactement son point de départ situé souvent à plusieurs dizaines de mètres du bateau. Stress intense, décharge d'adrénaline, il me faut au dernier moment reprendre le contrôle et faire atterrir l'engin en lieu sûr.... Je mentirais si je n'avouais pas quelques crashes spectaculaires surtout quand un courant sournois fait dériver le bateau à bonne vitesse.

Mais cette vue du ciel, souvent à plus de 500 mètres d'altitude, est incroyable de beauté; le vol dans ces contrées sauvages, montagneuses et enneigées, est  époustouflant. 

L'Alaska est photogénique.

La photo que je mets aujourd'hui en exergue m'a surpris, étonné, émerveillé: de la surface on ne pouvait absolument pas imaginer ce qui se passait.

Nous étions en dérive, à quelque distance d'un imposant glacier, et comme toujours l'eau a cette couleur vert amande qu'on retrouve parfois dans les lagons de Pacifique sauf qu'ici elle est opaque, totalement, chargée de "silt", ce talc créé par le frottement dur de la glace sur la roche. Une poudre très fine qui flotte en surface et vous empêche de voir ce qui se passe dessous. C'est d'ailleurs très dangereux si par malheur une roche non hydrographiée affleure la surface.

 Et à quelque profondeur c'est l'eau claire et translucide qu'on ne peut deviner à hauteur d'homme.

Cette photo en est la belle démonstration: Jade est en travers du courant, l'eau de surface s'accumule sur bâbord, contourne la carène et on  devine, derrière le flanc tribord, l'eau d'un bleu profond libérée de son "glacial silt".

Retour à bord sans stress.
Retour à bord sans stress.

Retour à bord sans stress.

                   PREMIERE RENCONTRE AVEC LES CACHALOTS

 

En 1972 je traversais pour la première fois l'Atlantique d'ouest en est.

J'étais équipier à bord d'Isles du Frioul, le voilier de Marc Linski qui venait de terminer 11ème de la transat anglaise (remportée cette année là par Alain Colas sur Pen Duik IV).

Cette croisière devait changer toute ma vie.

J'avais vu New York City, alors que sortaient à peine de terre les fameuses tours jumelles au destin tragique.

J'avais rencontré mes idoles à Newport, Rhodes Island.

J'avais appris à observer les étoiles et la navigation astro.

J'avais atterri sans problème sur la belle Flores puis relaché à Horta capitale de l'île de Faial.

Les Açores!!!

Je m'étais lié d'amitié avec une troupe d'étudiants de Lisbonne, venus là en vacances, et découvrais cette île étonnante, connue des navigateurs du monde entier pour l'accueil chaleureux que leur réservait Peter Azevedo au Café Sport.

C'est là que je decouvrai, avec surprise, la tradition encore vivace de la pêche au cachalot. Pas celle qu'on connait où le canon ne laissait aucune chance à l'animal. Non, une pêche où l'homme prenait sa part de risques.

A bord de chaloupes à clins actionnées à la seule force des bras et de leurs mains caleuses, quelques hommes courageux partaient affronter le monstre au large de Faial et Pico.

Le harponneur debout à l'avant et, au centre de l'esquif, ces deux grands paniers ronds contenant des centaines de mètres de cable prêts à se dérouler à toute allure une fois la bête  piquée, si possible dans le thorax. Et après il s'en suivait une course folle et incroyablement dangereuse : l'animal sondait  dans des profondeurs abyssales 500, 1000m et la baleinière suivait ses déplacements en surface, mais bientôt, épuisé il remontait à la surface pour mourir.

J'ai vu en 1972 les plans inclinés sur l'île de Faial ou de Pico qui servaient à remonter l'énorme prise et l'usine rustique où l'on extrayait l'huile, qui autrefois servait à l'éclairage, et le spermaceti, cette huile d'une finesse incomparable, qui servait dans l'industrie et puis l'ambre gris pour la parfumerie.

Tout cela est du passé. Je crois que tout s'est arrêté là-bas en 1981 et puis il y a eu le moratoire de 1986 et aujourd'hui, hormi le Japon, seuls quelques rares pays pratiquent encore cette pêche, une pêche de subsistance.  Je pense en particulier aux tribus inuits du Canada ou bien à St Vincent aux Grenadines.

Les baleines sont à présent sauvées de l'exctinction qui les menacait sérieusement.

A Horta chez Peter Azevedo, au Café Sport, il y a, à l'étage, un musée. Un musée extraordinaire et unique en son genre: un musée du Scrimshaw.

On peut y contempler des dizaines de magnifiques dents de cachalot gravées par les marins durant les interminables traversées qui les ramenaient des lieux de pêche autour du Cap Horn.

Ces dents racontent leur vies, leur terrible métier, leurs aventures.  

 

 

 

Au Café Sport, chez Peter, il y a à l'étage un musée du Scrimshaw. J'y ai vu quelques dents gravées par Bill Sellers.
Au Café Sport, chez Peter, il y a à l'étage un musée du Scrimshaw. J'y ai vu quelques dents gravées par Bill Sellers.Au Café Sport, chez Peter, il y a à l'étage un musée du Scrimshaw. J'y ai vu quelques dents gravées par Bill Sellers.
Au Café Sport, chez Peter, il y a à l'étage un musée du Scrimshaw. J'y ai vu quelques dents gravées par Bill Sellers.Au Café Sport, chez Peter, il y a à l'étage un musée du Scrimshaw. J'y ai vu quelques dents gravées par Bill Sellers.
Au Café Sport, chez Peter, il y a à l'étage un musée du Scrimshaw. J'y ai vu quelques dents gravées par Bill Sellers.Au Café Sport, chez Peter, il y a à l'étage un musée du Scrimshaw. J'y ai vu quelques dents gravées par Bill Sellers.

Au Café Sport, chez Peter, il y a à l'étage un musée du Scrimshaw. J'y ai vu quelques dents gravées par Bill Sellers.

                                      HOMMAGE A BILL SELLERS

On pourrait légitimement s'interroger sur le pourquoi du comment de cette introduction traitant de la pêche au cachalot, aujourd'hui abandonnée. 

C'est, vous l'aurez peut-être imaginé, en tout cas pour ceux qui me connaissent, que je veux vous parler de dents, de dents de cachalots gravées, de Scrimshaws donc.

Et de son plus merveilleux graveur, mon ami Bill Sellers. 

Parler de Bill c'est ouvrir un livre ancien qui sent la Mer et les embruns, le vent qui siffle dans les haubans. Le vaisseau qui craque de toutes ses membrures. C'est Moby Dick et le Captain Achab, Joseph Conrad, Jack London, Pierre Henri Dana. 

Bill avait une connaissance encyclopédique des voiliers et il avait lui même construit le sien, Nimbus, un fier côtre d'une douzaine de mètres avec lequel il aura fait des centaines de milliers de milles sans moteur ni électricité ni eau courante. Un mât immense fait pour porter de la toile, une coque fine et étroite, un bout dehors pour gréer un grand foc et filer en remontant au plus près du vent.

Je connaissais Bill de réputation avant de l'avoir rencontré mais quand j'ai aperçu Nimbus au mouillage je n'ai pu resiter à l'aborder. C'était à Fremantle en 1987. J'y étais pour l'America's Cup remportée en 4 manches sèches pas Big Bad Denys alias Denys Conner, l'américain de San Diego sur Stars and Stripes.

Bill avait mouillé sous le vent de Rottnest Island loin de l'agitation du plan d'eau et ses centaines de bateaux venus admirer ces magnifiques lévriers des mers.

Il était seul, tranquille, certainement en train de graver une dent de cachalot dans sa cabine lorsque je l'ai hélé.

Il est sorti conforme à l'image que je me faisais de lui: grand, mince, une barbe fournie et déjà grisonnante, une chemise ample d'un rouge délavé aux manches retroussées et un jean qui avait lui aussi quelques milles.

J'ai découvert son intérieur spartiate où, à côté d'une table à cartes couverte d'ouvrages techniques, gisait sa grande banette où il passait l'essentiel de son temps. Car Bill gravait...

Allongé sur le lit, une lampe frontale allumée et des loupes sur les yeux, il tenait de la main droite un stilet en acier durci et effilé en pointe et de l'autre main la dent de cachalot dont il avait à l'époque un stock important , un vrai trésor.

Il travaillait à main levée  et sans jamais revenir en arrière il traçait de fines rayures dans l'ivoire dessinant un sujet de son choix, jamais le même. Ses bateaux étaient tous précis dans les moindres détails et les ciels au dessus d'une incroyable perfection, on dirait aujourd'hui presque du 3D!

Son sujet terminé il fabriquait lui même du noir de fumée très épais qu'il étalait sur son dessin et la moindre égratignure sur l'ivoire se remplissait alors d'une infime couche noire qui pénétrait à jamais dans l'ivoire.

Il faut dire qu'auparavant il avait poli la dent brute pour mettre à nu l'ivoire brillant et parfaitement lisse.

Parfois il n'en traitait qu'un partie, en forme de médaillon dans laquelle il inscrivait son oeuvre. 

Je suis totalement tombé sous le charme et n'ai eu de cesse depuis d'en acquérir de très nombreuses, la plupart venant de Bill, mais pas toujours. Jusqu'au jour où le commerce de l'ivoire fut totalement interdit et le stock de dents épuisé.

Il eut alors l'idée de continuer à graver ses oeuvres à la "pointe sèche" sur du Corian dont la dureté rappelait celle de l'ivoire et d'en faire des impressions en séries limitées dont j'ai acquis quelques exemplaires.

Il me disait que graver sur une surface plane était difficile pour lui car il avait dans la tête son dessin sur la forme courbe de la dent...

Ces gravures et scrimshaws ont pour moi une grande valeur sentimentale et historique. 

J'ai même réussi l'exploit d'obtenir de Bill, qui ne travaillait jamais sur commande, une dent gravée représentant Savannah, mon voilier le plus cher.

 

 

Quelques dents gravées par Bill Sellers.

Quelques dents gravées par Bill Sellers.

Cette grande dent, magnifique , présentait  une petite anomalie, un "trou" dont Bill avait profité pour en faire l'oeil du cachalot. Pour ceux qui ont une bonne vue il avait aussi gravé en lettres minuscules "un trou pour Norbert". Norbert étant un de nos grands copains dentiste!!!
Cette grande dent, magnifique , présentait  une petite anomalie, un "trou" dont Bill avait profité pour en faire l'oeil du cachalot. Pour ceux qui ont une bonne vue il avait aussi gravé en lettres minuscules "un trou pour Norbert". Norbert étant un de nos grands copains dentiste!!!

Cette grande dent, magnifique , présentait une petite anomalie, un "trou" dont Bill avait profité pour en faire l'oeil du cachalot. Pour ceux qui ont une bonne vue il avait aussi gravé en lettres minuscules "un trou pour Norbert". Norbert étant un de nos grands copains dentiste!!!

Quelques exemples de scrimshaws. Bill y mettait parfois de la fantaisie, comme cette sirène sous l'eau observant passer un vaisseau.
Quelques exemples de scrimshaws. Bill y mettait parfois de la fantaisie, comme cette sirène sous l'eau observant passer un vaisseau.
Quelques exemples de scrimshaws. Bill y mettait parfois de la fantaisie, comme cette sirène sous l'eau observant passer un vaisseau.
Quelques exemples de scrimshaws. Bill y mettait parfois de la fantaisie, comme cette sirène sous l'eau observant passer un vaisseau.
Quelques exemples de scrimshaws. Bill y mettait parfois de la fantaisie, comme cette sirène sous l'eau observant passer un vaisseau.

Quelques exemples de scrimshaws. Bill y mettait parfois de la fantaisie, comme cette sirène sous l'eau observant passer un vaisseau.

La dent de Savannah gravée sur "commande" ce que Bill détestait faire.

La dent de Savannah gravée sur "commande" ce que Bill détestait faire.

Un exemple de "pointe sèche" réalisée par Bill sur Corian. Cette gravure a été dessinée après son procès gagné. Elle représente une île imaginaire avec vue de l'entrée depuis un navire et vue du ciel sous forme d'une carte marine en relief. Ce qui est intéressant et que peu de personnes connaissent c'est que les légendes étaient choisies par Bill de sorte que les baies bien abritées portaient des noms d'amis et le cap dangereux celui d'un (avocat) ennemi !.
Un exemple de "pointe sèche" réalisée par Bill sur Corian. Cette gravure a été dessinée après son procès gagné. Elle représente une île imaginaire avec vue de l'entrée depuis un navire et vue du ciel sous forme d'une carte marine en relief. Ce qui est intéressant et que peu de personnes connaissent c'est que les légendes étaient choisies par Bill de sorte que les baies bien abritées portaient des noms d'amis et le cap dangereux celui d'un (avocat) ennemi !.

Un exemple de "pointe sèche" réalisée par Bill sur Corian. Cette gravure a été dessinée après son procès gagné. Elle représente une île imaginaire avec vue de l'entrée depuis un navire et vue du ciel sous forme d'une carte marine en relief. Ce qui est intéressant et que peu de personnes connaissent c'est que les légendes étaient choisies par Bill de sorte que les baies bien abritées portaient des noms d'amis et le cap dangereux celui d'un (avocat) ennemi !.

                                            SA VIE EST UN ROMAN

 

Bill était né à Hawaï et donc américain.

Hawaï était une grande base baleinière au XIXéme siécle: les navires venaient par centaines de la côte Est pour y relâcher entre deux campagnes et franchissaient le Cap Horn dans les deux sens. C'est pendant ces interminables traversées que les marins s'occupaient à sculpter, graver des os et des dents, fabriquant de beaux objets qui font aujourd'hui la fierté des musées. C'est certainement de cette époque que vient sa passion.

Il émigra ensuite en Nouvelle Zélande et se fixa  du côté de Russell dans la Baie des Îles.

Il prit ainsi la nationalité Kiwi.

Et quelques années plus tard il se mariait à Paihia avec Claudie, une adorable calédonienne, qui lui offrit en cadeau la nationalité française.

Je ne peux oublier Bill, revenant de l'Hôtel de Ville de Nouméa, brandissant avec fierté le document remis quelques instants plus tôt par Monsieur le Maire: "I'm french, I'm french!!" Il me montre le document signé par Jacques Chirac " Mon cher concitoyen etc...." 

Il avait un mal fou à prononcer "concitoyen" car en réalité il ne parlait pratiquement pas un mot de français!!!

Il venait assez régulièrement vendre ses scrimshaws à Nouméa où il y avait de nombreux amateurs.

Un soir j'avais d'ailleurs organisé à la maison une soirée un peu trop arrosée qu'on avait intitulée " Pisco/Scrimshaws/ à volonté" où il en avait vendu pas mal. 

 

Invitation officielle pour une soirée mémorable "pisco scrimshaw" à la maison.

Invitation officielle pour une soirée mémorable "pisco scrimshaw" à la maison.

                     UNE CATHEDRALE ET UN PROCES RETENTISSANT

 

 

Parmi les nombreux souvenirs qui me restent de Bill, deux surtout remontent systématiquement à la surface.

Sa maison et son procès .

Bill avait mené Nimbus jusqu'en Scandinavie et en Suède en particulier.

Une anecdote me revient d'ailleurs en en parlant: Bill avait acheté là bas un moteur Saab monocylindre destiné à être installé à bord. Livré en caisse de bois il l'avait transporté, uniquement à la voile, jusqu'à Russell où il l'a débarqué dans un dock !! Quand j'allais le voir, je lui demandais régilièrement si son moteur était enfin installé: "non, mais regarde il est magnifique" et il me faisait tester la compression d'un coup de manivelle, en l'accompagnant d'un geste pouce levé! 

En Suède, puis en Norvège, donc, il tombe sous le charme des édifices en bois et plus particulièrement des églises!!

De retour dans la Baie des Îles il décide de construire sa maison sur le modèle exact d'une église scandinave. Un travail colossal qui devait durer une bonne dizaine d'années, je pense.

Le centre de lédifice était une sorte de longue nef se terminant par le choeur qui donnait sur une terrasse surplombant la mer.

On pourrait dire que la nef était la salle de séjour et du côté du choeur on trouvait une cuisine et un bureau .

Un escalier monumental menait aux chambres à droite et à gauche de la nef.

La hauteur sous plafond était incroyable et des vitraux colorés assuraient l'éclairage. Les couleurs et les découpes des vitraux étaient étudiées pour venir éclairer certains endroits particuliers, choisis en fonction de l'orientation des rayons du soleil dans la journée.

Le toit était magnifique, fait de shingles de bois patiemment assemblés.

On pensait qu'il ne finirait jamais sa maison et d'ailleurs, au fond, je pense qu'il ne l'a vraiment jamais finie. Et notre amie Claudie se lamentait car le confort n'était pas au rendez vous, en particulier dans la cuisine! Pas de vrai chauffage non plus dans cet immense volume en dehors d'un poêle à bois au centre de la nef.

Mais pour Bill l'essentiel était ailleurs, dans l'architecture et la réalisation de son grand oeuvre en bois.

Le second souvenir est aussi fort .

Bill était un rebelle, bien évidemment.

Dans les années 90 une course à la voile entre Auckland et Fidji, prise dans une "bombe météorologique", se terminait tragiquement. La marine et l'aviation étaient venues au secours des naufragés ce qui avait coûté une fortune au Gouvernement de ce petit pays pas bien riche.

Pour tenter d'éviter un nouveau désastre la Nouvelle Zélande décide, sans trop y réfléchir, d'obliger tous les navires de plaisance naviguant dans ses eaux à respecter certaines obligations dont celles, entre autres, d'avoir un moteur fixe à bord, une balise satellite, des équipements de survie et surtout de se soumettre à une inspection aux frais du propriétaire.

Bill naviguait depuis toujours sans moteur, avec le minimum d'équipements de survie et il était hors de question de se soumettre à toute inspection payante. Et une balise satellite??? Pour quoi faire? Quand on est un vrai marin, on s'assume jusqu'au bout et on se débrouille tout seul!!

Parti pour Nouméa sans se soumettre à l'inspection il se fait arrêter à son retour pour avoir enfreint la Loi.

Son sang ne fait qu'un tour, il attaque le Gouvernement aidé en cela par des avocats amis et certainement intéressés par un sujet totalement hors normes.

Bill a été consigné dans sa cathédrale pendant plusieurs mois et même interdit de communication dans les médias.

Il dépérissait à vue d'oeil car l'affaire dura des mois, des années et occupait totalement son esprit.

Pour faire court il gagnait à chaque instance : Whangarei, puis Auckland puis Wellington la capitale.

Pour autant que je me souvienne au delà de Wellington et de sa Haute Cour de Justice le procés se déplaçait tout simplement à la Chambre de Lords à Londres!!!

Et le Gouvernement neo-zélandais a calé devant ce petit citoyen de base et la Loi fut abrogée.

Bill était à Nouméa quand la nouvelle incroyable est tombée. Maigre comme un clou, il exultait et j'ai le souvenir que son téléphone n'arrêtait pas de sonner et lorsqu'il tombait sur un journaliste il l'envoyait sèchement balader, lui à qui on n'adressait plus la parole depuis longtemps, persuadé de son échec annoncé .

L'affaire a fait le tour de la planète et Bill est devenu célèbre, du moins dans la sphère nautique anglo-saxonne.

Pour dire la vérité j'étais persuadé moi aussi qu'il ne pourrait jamais gagner, David contre Goliath. Plusieurs fois nous lui avons conseillé amicalement de renoncer. Il maigrissait, lui déjà mince comme un fil, et s'entêtait, tellement certain d'avoir raison.

Chapeau, peu l'auraient fait.

Bill a terminé sa vie dans l'eau froide et agitée du port de Russell alors qu'il rentrait de nuit, ramant sur sa petite annexe vers son voilier au mouillage.

 

 

 

Bill avait rêvé de construire sa maison sur le modèle des églises scandinaves.
Bill avait rêvé de construire sa maison sur le modèle des églises scandinaves.

Bill avait rêvé de construire sa maison sur le modèle des églises scandinaves.

La "maison" de Bill. A l'intérieur des vitraux éclairaient la pièce principale, la "nef".
La "maison" de Bill. A l'intérieur des vitraux éclairaient la pièce principale, la "nef".

La "maison" de Bill. A l'intérieur des vitraux éclairaient la pièce principale, la "nef".

Avec des amis dans la Bay of Islands. Bill est à droite.

Avec des amis dans la Bay of Islands. Bill est à droite.

Les deux bateaux de Bill, Nimbus et Ludique (la goêlette a été "jumboïsée" par Bill plus récemment). Claudie avec des amis.
Les deux bateaux de Bill, Nimbus et Ludique (la goêlette a été "jumboïsée" par Bill plus récemment). Claudie avec des amis.
Les deux bateaux de Bill, Nimbus et Ludique (la goêlette a été "jumboïsée" par Bill plus récemment). Claudie avec des amis.
Les deux bateaux de Bill, Nimbus et Ludique (la goêlette a été "jumboïsée" par Bill plus récemment). Claudie avec des amis.
Les deux bateaux de Bill, Nimbus et Ludique (la goêlette a été "jumboïsée" par Bill plus récemment). Claudie avec des amis.

Les deux bateaux de Bill, Nimbus et Ludique (la goêlette a été "jumboïsée" par Bill plus récemment). Claudie avec des amis.

La dernière photo que j'ai de Bill quelques années avant sa mort, il s'était fracturé la colonne cervicale en tombant d'un arbre. Il prétendait que la forme de son crane restait imprimée dans la terre au pied de l'arbre.

La dernière photo que j'ai de Bill quelques années avant sa mort, il s'était fracturé la colonne cervicale en tombant d'un arbre. Il prétendait que la forme de son crane restait imprimée dans la terre au pied de l'arbre.

                                    MAI 2025 SIDNEY BC

 

 

 

Tous les ans depuis maintenant 8 ans Jade croise dans les eaux calmes de la British Columbia et de l'Alaska, mais cette année est un peu spéciale car, plutôt que de revenir sagement vers le sud et la région de Seattle en automne, je décide de terminer la saison et d'hiverner à Kodiak tout là-bas vers les Aléoutiennes.

Pas une très bonne idée car l'hiver 25/26 aura été le plus dur depuis des décennies avec des chutes de neige importantes, des températures polaires et des vents épouvantables.

Mais commençons par le commencement: je rejoins Jade début mai. Alain m'attends à ma descente du float plane que j'ai pris à Seattle au départ de Lake Union, en plein centre-ville.

C'est pas cher et c'est un plaisir absolu de toucher l'eau à quelques mètres de son bateau. Je fais rouler mon sac sur le ponton et hop me voilà à bord.

On ne traine pas à Roche Harbor car nous sommes attendus de l'autre côté de la frontière, à exactement 10 milles: Sidney, British Columbia.

Il y a tout ce dont peut rêver un plaisancier et dans le cas particulier, la belle équipe d'Alison chargée de remettre un coup de neuf à la coque et aux superstructures oxydées par le soleil et les embruns.

15 jours de boulot pour eux et pour nous, Alain et moi, comme tous les ans quand on retrouve un bateau resté seul pendant 7 mois.

Mon vieux copain Jean Paul nous rejoint à Sidney et vient nous donner un bon coup de main. On se connait depuis 1970, nous étions voisins d'appartement rue des Allamandiers à Bordeaux. Médecin à l'Institut Pasteur, spécialiste des virus, il continue aujourd'hui à enseigner..... à l'Université de Washington D.C... Les américains plus pragmatiques que nous, préfèrent s'intéresser aux compétences plutôt qu'à l'âge du "capitaine". Nous avons le même âge et bon pied, bon oeil après tout!!

Le week-end, repos, nous allons rendre visite aux Church sur leur île de Salt Spring, retrouver leur maison pleine de charme et Tommy le chien qui boîte un peu et se fait vieux. 

Un peu plus tard arrivent Bernard, le beau-frère d'Alain, et Alain et Lisette, un couple de réunionnais, tous trois bien sympathiques et excellents équipiers.

Je leur fais découvrir une vraie merveille locale, les Butchard Gardens.

Les photos se suffisent à elles-mêmes.

 

Les Butchards gardens près de Victoria BC. Avec Alain et Jean-Paul.
Les Butchards gardens près de Victoria BC. Avec Alain et Jean-Paul.
Les Butchards gardens près de Victoria BC. Avec Alain et Jean-Paul.
Les Butchards gardens près de Victoria BC. Avec Alain et Jean-Paul.
Les Butchards gardens près de Victoria BC. Avec Alain et Jean-Paul.
Les Butchards gardens près de Victoria BC. Avec Alain et Jean-Paul.
Les Butchards gardens près de Victoria BC. Avec Alain et Jean-Paul.

Les Butchards gardens près de Victoria BC. Avec Alain et Jean-Paul.

A sidney avec Jean paul.
A sidney avec Jean paul.

A sidney avec Jean paul.

                                     PRINCESS LOUISA INLET

 

 

 

Naviguant vers le Nord nous remontons le long fjord qui mène à Princess Louisa Inlet et passons sans encombre les Malibu Narrows de sinistre réputation. Il faut dire que ce passage est très étroit, sinueux, à prendre uniquement à l'étale car les courants y sont furieux.

Mais une fois à l'intérieur c'est un rêve absolu. L'image même que l'on peut se faire d'un grand fjord au milieu de parois de granite absolument vertigineuses.

Nous mouillons au pied de la cascade majestueuse dans 20 m d'eau, bien orientés par le courant permanent qu'elle crée.

Il y a du monde en ce début de saison et il fait très beau.

 

 

Princess Louisa Inlet BC
Princess Louisa Inlet BC
Princess Louisa Inlet BC
Princess Louisa Inlet BC
Princess Louisa Inlet BC
Princess Louisa Inlet BC

Princess Louisa Inlet BC

 

                                       VERS KETCHIKAN 

 

 

 

La suite est classique, mais toujours dans la beauté des paysages de Colombie Britannique et de ses mouillages calmes.

A Fury Cove nous donnons un petit coup de main à une jeune femme qui remonte en kayak depuis Seattle jusqu'à Juneau en solitaire. Son bateau est assez lourd, chargé au maximum de vivres et nous l'aidons à le hisser sur la belle plage de sable blanc. Elle sait qu'il y a une cabane bien aménagée dans la forêt juste au dessus où elle pourra dormir à l'abri.

Nous arrivons à Ketchikan, Alaska, le 4 juin. Le port est plein car la saison de pêche au saumon commence à peine et les équipages s'affairent à préparer les bateaux.

Nous mouillons par 10m d'eau devant la ville mais loin des paquebots monstrueux dont je ne parlerai pas du tout!

Juste devant nous: Tiama, ce voilier rouge que je connais bien depuis que je l'ai vu pour la première fois au fond de sa mangrove à Waiheke Island tout près d'Auckland. J'avais été intrigué par ce mât blanc émérgeant de la forêt de palétuviers.

Depuis nous nous étions revus à Dutch Harbor alors que nous arrivions du Kamchatka et que lui attaquait le passage du NW.

Ce beau voilier, taillé pour l'extrême, a la particularité d'appartenir au légendaire patron de Greenpeace (Henk Haazen) et à sa femme (Bunny Mc Diarmid) également très connue pour ses actions violentes contre nos installations de Hao et Mururoa du temps des essais nucléaires. 

Le fantôme du Rainbow Warrior plane sur Ketchikan....

Le temps faisant son oeuvre les voilà qui viennent nous rendre visite, nous les froggies honnis et, ma foi, nous les trouvons bien sympathiques et échangeons nos coordonnées comme si de rien n'était.

 

En British Columbia.
En British Columbia.
En British Columbia.
En British Columbia.
En British Columbia.
En British Columbia.

En British Columbia.

Tiama enfoui dans la mangrove à Wahieke Island (2014) et à Ketchikan (2025). Hank, Bunny et moi !
Tiama enfoui dans la mangrove à Wahieke Island (2014) et à Ketchikan (2025). Hank, Bunny et moi !
Tiama enfoui dans la mangrove à Wahieke Island (2014) et à Ketchikan (2025). Hank, Bunny et moi !
Tiama enfoui dans la mangrove à Wahieke Island (2014) et à Ketchikan (2025). Hank, Bunny et moi !

Tiama enfoui dans la mangrove à Wahieke Island (2014) et à Ketchikan (2025). Hank, Bunny et moi !

 

                                          MEYERS CHUCK

 

 

 

Sur la route vers l'incontournable Petersburg, nous faisons le stop traditionnel à Meyers Chuck.

J'en ai souvent parlé: c'est une petite communauté de très jolies maisons  disposées autour d'un mouillage parfaitement abrité de tous les temps.

Nous y retrouvons les Greeley avec joie: le vieux troller de bois à belle coque bleu-vert, est à poste, toujours impeccablement entretenu. Lee et Dan nous acceuillent comme d'habitude avec  beaucoup de gentillesse. Je dirais presque d'affection. On déguste les cookies en sirotant son vin de rhubarbe étonnant. Ils nous aiment bien car je reçois souvent un petit mot pour me tenir au courant de leur vie: ils sont un ou deux couples seulement à passer l'hiver sur place et cet hiver est très rigoureux, la mer devant chez eux est prise de glace depuis Noël.

Lui est pêcheur de saumon à Sitka, mais sa petite fille ne vient pas cette année et il hésite à partir seul, au large, pêcher à la traine certainement le meilleur saumon du monde.

 

Meyers Chuck et nos amis Greeley. Lui devant son troller traditionnel (pêche au saumon).
Meyers Chuck et nos amis Greeley. Lui devant son troller traditionnel (pêche au saumon).
Meyers Chuck et nos amis Greeley. Lui devant son troller traditionnel (pêche au saumon).
Meyers Chuck et nos amis Greeley. Lui devant son troller traditionnel (pêche au saumon).
Meyers Chuck et nos amis Greeley. Lui devant son troller traditionnel (pêche au saumon).
Meyers Chuck et nos amis Greeley. Lui devant son troller traditionnel (pêche au saumon).
Meyers Chuck et nos amis Greeley. Lui devant son troller traditionnel (pêche au saumon).
Meyers Chuck et nos amis Greeley. Lui devant son troller traditionnel (pêche au saumon).
Meyers Chuck et nos amis Greeley. Lui devant son troller traditionnel (pêche au saumon).
Meyers Chuck et nos amis Greeley. Lui devant son troller traditionnel (pêche au saumon).

Meyers Chuck et nos amis Greeley. Lui devant son troller traditionnel (pêche au saumon).

 

                                PETERSBURG ET LECONTE GLACIER

 

 

 

Petersburg est un de mes spots préférés pour plusieurs raisons: la petite ville, de tradition norvégienne, est ravissante. Elle refuse l'accès aux grands paquebots, seuls y relâchent les petits navires d'exploration comme ceux du National Geographic. Et puis elle est très près du Tidal Glacier le plus sud d'Alaska, le glacier LeConte ( prononcer "liconti") .

Je suis toujours un peu stressé quand j'y vais car il est particulièrement actif et deverse une quantité énorme de glaces dérivantes qui rendent l'approche très difficile.

C'est le cas cette année, mais le temps est splendide et le spectacle totalement exceptionnel. L'équipage part en annexe et je fais voler le drone au dessus des glaçons dont certains sont énormes et viennent carresser les flancs de Jade. C'est un peu angoissant.

 

Petersburg. Dans les rues les étudiants admis à l'University sont honorés par la municipalité.
Petersburg. Dans les rues les étudiants admis à l'University sont honorés par la municipalité.
Petersburg. Dans les rues les étudiants admis à l'University sont honorés par la municipalité.
Petersburg. Dans les rues les étudiants admis à l'University sont honorés par la municipalité.
Petersburg. Dans les rues les étudiants admis à l'University sont honorés par la municipalité.
Petersburg. Dans les rues les étudiants admis à l'University sont honorés par la municipalité.
Petersburg. Dans les rues les étudiants admis à l'University sont honorés par la municipalité.

Petersburg. Dans les rues les étudiants admis à l'University sont honorés par la municipalité.

Au glacier LeConte.
Au glacier LeConte.
Au glacier LeConte.
Au glacier LeConte.
Au glacier LeConte.

Au glacier LeConte.

 

                     A PYBUS BAY HEMINGWAY ETAIT AVEC NOUS !

 

 

 

Un peu plus au nord nous visitons Pybus Bay, où se trouve un des lodges les plus réputés de la région. Nous y manquons de peu un groupe d'anis venus de Nouméa.

Nous partons pêcher en annexe dans un coin que je connais pour être assez poissonneux. Nous somme équipés pour le rock fish ou le petit halibut, donc assez légers.

Dans environ 20m d'eau je sens une énorme touche et vois ma canne plonger littéralement sous la surface. Mais j'ai bien l'affaire en mains. Si c'est un poisson il est très gros, l'impression de remonter une gueuse de plomb avec parfois une forte secousse qui me reprends tout mon fil. Je lutte pendant peut-être une heure, je suis crevé. Je passe ma canne à Bernard et attrape le harpon à manche en bois que nous utilisons pour ramener à bord les saumons. Je prends la précaution de fixer un long bout sur le manche au cas où.....

Au bout de quelques minutes on voit apparaître la tête d'un énorme halibut dont je me demande encore comment on a pu faire pour l'amener à la surface tout contre le boudin tribord. Je vois bien qu'il est illusoire de vouloir mettre à bord de l'annexe une telle bête, aussi je tente de le gaffer avec le harpon une première fois sans y parvenir puis une deuxième et là d'une violent coup de queue il casse la ligne mais j'ai réussi à le harponner sur un côté. Nous nous retrouvons alors à remorquer un halibut de peut-être 80kg. Ca marche une centaine de mètres et puis soudain il se rebelle et se libère facilement de son lien.

Ca m'a rappelé un peu Hemingway!

A part que le vieux pêcheur du célèbre roman,  vainqueur après une lutte acharnée, ne ramène en définitive que la tête de son marlin qu'il n'a pu, lui non plus, hisser à bord et qui fut ensuite dévoré par les requins.

Comme lui je ne peux que rendre hommage au poisson qui s'est battu et a fini par gagner. Il m'arrive d'ailleurs presque toujours de rendre grâce au poisson pêché pour la nourriture délicieuse qu'il nous offre et  qui assure, quelque part, notre survie.

 

Pybus Bay. Vue aérienne du lodge très fréquenté pour la pêche.
Pybus Bay. Vue aérienne du lodge très fréquenté pour la pêche.
Pybus Bay. Vue aérienne du lodge très fréquenté pour la pêche.
Pybus Bay. Vue aérienne du lodge très fréquenté pour la pêche.
Pybus Bay. Vue aérienne du lodge très fréquenté pour la pêche.

Pybus Bay. Vue aérienne du lodge très fréquenté pour la pêche.

Un gros halibut ramené après une longue lutte et perdu....

Un gros halibut ramené après une longue lutte et perdu....

 

                                                 TRACY ARM 

 

 

 Remontant vers Juneau nous pénétrons dans le Tracy Arm, de grande réputation, car deux glaciers importants y déversent leurs growlers. Les paquebots peuvent y venir et je ne m'y arrête pas habituellement mais, en définitive, l'endroit est tellement beau, que j'y retourne à présent plus souvent.

Cette année nous y sommes seuls et c'est parfait. Trop de glaces pour arriver au South Sawyer mais nous remontons vers le North Sawyer très facile d'accès car beaucoup moins actif que le précédent.

Mon drone ramène des images superbes.

Ces coins, très sauvages, sont dangereux. Il a beaucoup plu en cette année 2025 et le 10 Août à 5:26h du matin un gigantesque glissement de terrain provoquait, là même où nous étions ce 16 juin, un tsunami géant, une vague de 400 à 500m de hauteur remontant sur le bord opposé. 100 millions de m3 de roches sont tombés en un éclair. C'est le même phénomène qui a provoqué en 1958 à Lituya Bay le plus grand tsunami enregistré à ce jour de 523m de hauteur. 

Sur l'Île Sawyer, située à la jonction des deux bras, la vague a atteint 30m de hauteur et s'est propagée jusqu'à l'entrée de Tracy Arm.

Il nous reste un peu de temps avant l'escale de Juneau et je décide d'aller explorer le long bras du Endicott Arm qui mène vers le SE au Dawes Glacier.

Sur la route, à gauche, débouche un fjord étroit dont le nom fait peur: "Fords Terror". Voilà des années que je vois ce nom sur la carte et que je n'ose m'y aventurer.

On trouve un mouillage précaire à l'entrée des rapides et je m'en vais survoler la région avec le drone: c'est totalement sauvage et spectaculaire. La passe est étroite et je distingue bien le fort courant qui la rend absolument impraticable. Impossible de passer, mais à l'étale pourquoi pas ? Y revenir plus tard à la bonne marée, c'est décidé. 

Tracy Arm. Le North Sawyer Glacier. Le courant est fort dans les fjords: la bouée latérale avance à...6 nds
Tracy Arm. Le North Sawyer Glacier. Le courant est fort dans les fjords: la bouée latérale avance à...6 nds
Tracy Arm. Le North Sawyer Glacier. Le courant est fort dans les fjords: la bouée latérale avance à...6 nds
Tracy Arm. Le North Sawyer Glacier. Le courant est fort dans les fjords: la bouée latérale avance à...6 nds
Tracy Arm. Le North Sawyer Glacier. Le courant est fort dans les fjords: la bouée latérale avance à...6 nds
Tracy Arm. Le North Sawyer Glacier. Le courant est fort dans les fjords: la bouée latérale avance à...6 nds
Tracy Arm. Le North Sawyer Glacier. Le courant est fort dans les fjords: la bouée latérale avance à...6 nds
Tracy Arm. Le North Sawyer Glacier. Le courant est fort dans les fjords: la bouée latérale avance à...6 nds
Tracy Arm. Le North Sawyer Glacier. Le courant est fort dans les fjords: la bouée latérale avance à...6 nds

Tracy Arm. Le North Sawyer Glacier. Le courant est fort dans les fjords: la bouée latérale avance à...6 nds

L'entrée étroite de Fords Terror.

L'entrée étroite de Fords Terror.

                                              FORDS TERROR

 

 

A Juneau tout le monde débarque à part Alain et moi.

Embarquent Dominique et Olivier qui veut poursuivre l'aventure débutée l'année dernière et qui manifetement l'a séduit. Il veut voir des ours, des baleines et des paysages nouveaux!! Il est armé pour ça d'un gros télé qu'il ne regrette pas d'avoir acheté. Un bon choix d'ailleurs, car ses images sont magnifiques. Ne sommes nous pas, lui et moi, photographes d'intérieur ?

Très vite on repart et on shunte Tracy Arm pour filer directement sur Fords Terror à la bonne marée. Et ça passe facilement, il y a de l'eau et un peu de courant. On distingue parfois le fond et certaines roches menaçantes sur tribord. L'eau est d'un vert profond. Devant nous s'ouvre un fjord très encaissé bordé de pentes verticales et luisantes de l'eau qui dégringole en cascades innombrables.

On prend deux virages assez secs et on se retrouve devant un estuaire de rivière plutôt large et nous mouillons à la nuit tombante, bien orientés vers l'eau profonde grâce au courant puissant venu des cascades.

Drone et annexe. Un régal. Photos, photos!!

Seul bémol il y a une flottille de petits yachts, mouillés autour de nous, nous qui pensions être seuls. Finalement Fords Terror n'a de terrifiant que le nom.

Le cadre est grandiose, un des plus beaux endroits que je connaisse et, tout compte fait, facile d'accès.

 

On distingue l'entrée étroite qu'il faut absolument franchir à l'étale. Ensuite le fjord devient majestueux et conduit à une grande baie très acceuillante. Olivier s'éclate!!
On distingue l'entrée étroite qu'il faut absolument franchir à l'étale. Ensuite le fjord devient majestueux et conduit à une grande baie très acceuillante. Olivier s'éclate!!
On distingue l'entrée étroite qu'il faut absolument franchir à l'étale. Ensuite le fjord devient majestueux et conduit à une grande baie très acceuillante. Olivier s'éclate!!
On distingue l'entrée étroite qu'il faut absolument franchir à l'étale. Ensuite le fjord devient majestueux et conduit à une grande baie très acceuillante. Olivier s'éclate!!
On distingue l'entrée étroite qu'il faut absolument franchir à l'étale. Ensuite le fjord devient majestueux et conduit à une grande baie très acceuillante. Olivier s'éclate!!
On distingue l'entrée étroite qu'il faut absolument franchir à l'étale. Ensuite le fjord devient majestueux et conduit à une grande baie très acceuillante. Olivier s'éclate!!
On distingue l'entrée étroite qu'il faut absolument franchir à l'étale. Ensuite le fjord devient majestueux et conduit à une grande baie très acceuillante. Olivier s'éclate!!
On distingue l'entrée étroite qu'il faut absolument franchir à l'étale. Ensuite le fjord devient majestueux et conduit à une grande baie très acceuillante. Olivier s'éclate!!
On distingue l'entrée étroite qu'il faut absolument franchir à l'étale. Ensuite le fjord devient majestueux et conduit à une grande baie très acceuillante. Olivier s'éclate!!
On distingue l'entrée étroite qu'il faut absolument franchir à l'étale. Ensuite le fjord devient majestueux et conduit à une grande baie très acceuillante. Olivier s'éclate!!
On distingue l'entrée étroite qu'il faut absolument franchir à l'étale. Ensuite le fjord devient majestueux et conduit à une grande baie très acceuillante. Olivier s'éclate!!

On distingue l'entrée étroite qu'il faut absolument franchir à l'étale. Ensuite le fjord devient majestueux et conduit à une grande baie très acceuillante. Olivier s'éclate!!

Endicott arm et Dawes Glacier. On tombe sur un growler d'un bleu presque noir tellement la pression a été énorme éliminant toutes les bulles d'air prisonnières.
Endicott arm et Dawes Glacier. On tombe sur un growler d'un bleu presque noir tellement la pression a été énorme éliminant toutes les bulles d'air prisonnières.
Endicott arm et Dawes Glacier. On tombe sur un growler d'un bleu presque noir tellement la pression a été énorme éliminant toutes les bulles d'air prisonnières.
Endicott arm et Dawes Glacier. On tombe sur un growler d'un bleu presque noir tellement la pression a été énorme éliminant toutes les bulles d'air prisonnières.
Endicott arm et Dawes Glacier. On tombe sur un growler d'un bleu presque noir tellement la pression a été énorme éliminant toutes les bulles d'air prisonnières.
Endicott arm et Dawes Glacier. On tombe sur un growler d'un bleu presque noir tellement la pression a été énorme éliminant toutes les bulles d'air prisonnières.

Endicott arm et Dawes Glacier. On tombe sur un growler d'un bleu presque noir tellement la pression a été énorme éliminant toutes les bulles d'air prisonnières.

 

                                  LE  4 JUILLET A PORT ALEXANDER

 

Sur mon livre de bord j'ai noté pour la suite: PLUIE, PLUIE, jusqu'à Sitka.

L'Alaska est vert, on ne peut plus vert, et pour cause: il y pleut beaucoup. Il y a même des records comme à Little Port Walter, où nous aimons échanger tous les ans avec les chercheurs du centre de la NOAA. Il y tombe 229" de pluie par an (5.8 mètres). Mais ça a son charme et on y pêche du halibut à coup sûr!

Cette année nous passons le 4 Juillet à Port Alexander, une communauté de pêcheurs de 50 à 70 habitants (selon les sources). Un moment délicieux qui nous reserve une surprise vraiment étonnante. 

Le défilé est improvisé sur broadway, en réalité un chemin de bois qui longe le port sur environ 1km. Pas de véhicule ici, mais quelques quads comme partout en Alaska. Toute la population est réunie pour ce moment de partage, chose que nous, français, ne savons pas faire le 14 juillet. Partout aux USA c'est une fête sympathique et décontractée où vraiment tous communient dans une grande fraternité.

Le coin est charmant comme toutes ces petites bourgades, quelques belles maisons s'égrennent le long du rivage calme. Ca sent le cèdre fraîchement coupé, on commence à faire les réserves pour l'hiver et le bois flotté est là directement accessible sur l'estran.  

Une maison attire notre attention: elle est toute pimpante  comme son propriétaire qui nous invite à prendre un verre. 

La conversation porte sur nos périples en Alaska et vient naturellement sur La Pérouse et Lituya Bay. Et voilà notre hôte qui file dans sa bibliothèque et revient les bras chargés de deux énormes exemplaires du Milet-Mureau d'époque. Une rareté dont la version anglaise "Voyage Round the World" date de 1799....Le premier volume c'est le récit de La Pérouse et l'autre les plans et cartes réalisés durant l'expédition par les naturalistes, géographes et peintres embarqués. Des livres d'une richesse exceptionnelle, la référence même.

Je pense en un éclair à mes amis de "Fortunes de Mer "et de l"Association Salomons" qui depuis Nouméa ont fouillé à de nombreuses reprises les deux épaves perdues sur les récifs de Vanikoro et qui recellaient d'ailleurs des objets indiens rapportés d'Alaska..

Et il se trouve que j'attends à Sitka, dans quelques jours, le plus illustre acteur toujours vivant de ces expéditions, j'ai nommé Raymond Proner !!! 

Il faut absolument qu'il voit ça, il ne va pas en revenir.

Notre nouvel ami, qui a tout de suite pigé, emballe les deux livres et me dit "tu me les renvoies quand tu veux depuis Sitka". 

Comme prévu, Raymond, à qui je fais la surprise à sa descente d'avion, reste interdit à la vue du Milet-Mureau, en parfait état de conservation et retrouve les gravures qu'on peut admirer au Musée Maritime de Nouméa.

Je file à la poste expédier le colis vers Port Alexander où j'ai eu confirmation qu'il était arrivé quelques jours plus tard par barge.

 

Port Alexander un 4 juillet. La découverte incroyable du Millet-Mureau !!
Port Alexander un 4 juillet. La découverte incroyable du Millet-Mureau !!
Port Alexander un 4 juillet. La découverte incroyable du Millet-Mureau !!
Port Alexander un 4 juillet. La découverte incroyable du Millet-Mureau !!
Port Alexander un 4 juillet. La découverte incroyable du Millet-Mureau !!
Port Alexander un 4 juillet. La découverte incroyable du Millet-Mureau !!
Port Alexander un 4 juillet. La découverte incroyable du Millet-Mureau !!
Port Alexander un 4 juillet. La découverte incroyable du Millet-Mureau !!
Port Alexander un 4 juillet. La découverte incroyable du Millet-Mureau !!
Port Alexander un 4 juillet. La découverte incroyable du Millet-Mureau !!
Port Alexander un 4 juillet. La découverte incroyable du Millet-Mureau !!

Port Alexander un 4 juillet. La découverte incroyable du Millet-Mureau !!

 

                                           DE PELICAN A GAZA

 

 

Notre amie Dominique embarque aussi à Sitka, un peu frustrée de la trop courte croisière de l'an dernier. C'est certain qu'il faut un peu de temps pour profiter de ces endroits magiques où le soleil se montre rarement. 

Nous continuons notre périple vers le Nord sous la pluie.

J'ai donné rendez-vous à François notre ami chirurgien et sa fille Emma dans une escale insolite: Pelican. 

Accès uniquement par ferry ou float plane depuis Juneau.

François et Emma choisissent le float plane et, sans exagération aucune, ils atterrissent à moins de 15m de l'étrave de Jade.

Je me dois de mentionner ici que François vient s'oxygéner un bon coup en Alaska, faire un peu de lard car, en suivant, il s'envolera pour....Gaza soigner les blessés de guerre pendant un mois, comme déjà l'année précédente. Il travaille bénévolement pour MSF.

On visite ensemble toute cette belle région ouverte vers le large où se pêchent à la traîne les meilleurs saumons venus directement du large. 

Cross Sound, un large bras de mer souvent agité par la houle et les forts courants de marée qui sépare l'Île de Baranof du continent. On est dans les environs de Glacier Bay et de sa quirielle d'immenses paquebots qui font la queue pour admirer quelques beaux glaciers. Il faut réserver longtemps à l'avance, prendre la file et y rester le temps imparti par l'Administration du Park!!

Nous ne nous y arrêtons pas mais restons quand même dans le Glaciers National Park en visitant Dundas et bien sûr Lituya Bay qui se trouvent à l'Ouest de Glaciers Bay .

 

 

 

Impossible d'atterrir plus près!!! François et sa fille Emma arrivent à Pelican en float plane. Images de Pelican (60hbts)
Impossible d'atterrir plus près!!! François et sa fille Emma arrivent à Pelican en float plane. Images de Pelican (60hbts)
Impossible d'atterrir plus près!!! François et sa fille Emma arrivent à Pelican en float plane. Images de Pelican (60hbts)
Impossible d'atterrir plus près!!! François et sa fille Emma arrivent à Pelican en float plane. Images de Pelican (60hbts)
Impossible d'atterrir plus près!!! François et sa fille Emma arrivent à Pelican en float plane. Images de Pelican (60hbts)
Impossible d'atterrir plus près!!! François et sa fille Emma arrivent à Pelican en float plane. Images de Pelican (60hbts)
Impossible d'atterrir plus près!!! François et sa fille Emma arrivent à Pelican en float plane. Images de Pelican (60hbts)
Impossible d'atterrir plus près!!! François et sa fille Emma arrivent à Pelican en float plane. Images de Pelican (60hbts)
Impossible d'atterrir plus près!!! François et sa fille Emma arrivent à Pelican en float plane. Images de Pelican (60hbts)
Impossible d'atterrir plus près!!! François et sa fille Emma arrivent à Pelican en float plane. Images de Pelican (60hbts)

Impossible d'atterrir plus près!!! François et sa fille Emma arrivent à Pelican en float plane. Images de Pelican (60hbts)

A Dundas Harbor.
A Dundas Harbor.

A Dundas Harbor.

                                            LITUYA BAY

                    QUAND LA NATURE CHANGE A VUE D'OEIL

 

 

J'ai souvent parlé de Lituya Bay que La Pérouse, qui en avait visité bien d'autres, considérait comme la plus belle baie du monde! Il en a fait l'hydrographie en 1786 et à cette occasion y a perdu dans la passe une vingtaine d'hommes. Pour nous, aller là bas, c'est faire une sorte de pélérinage empreint de la mémoire de ce moment tragique.

C'est aussi voir comment la nature se transforme sous nos yeux d'année en année.

Lorsque j'ai visité Lituya Bay pour la première fois en 1994  nous avions pu pénétrer dans un des deux bras de mer situés à l'est et terminés chacun par un immense glacier dont parle La Pérouse. Les fonds étaient quasiment insondables.

Aujourd'hui ces glaciers reculent lentement laissant place à une langue de roches qui ferme progressivement le fond de la baie qui devient inaccessible. Les images de drone sont parlantes à ce sujet.

Mais je suis quand même surpris de voir de la petite glace circuler en grandes quantités, comme c'était le cas en 2024.

La cicatrice du glissement de terrain gigantesque à l'origine du tsunami de 1958 est parfaitement visible au dessus du glacier Nord.

Nous ne sommes pas seuls au mouillage: le très beau "Rainier" de la NOAA est mouillé devant nous. Ses chaloupes sillonnent la Baie et l'une d'elles nous approche: " l'auteur de myjade.fr est-il à bord?". Des scientifiques de la NOAA qui lisent mon blog!!! J'en reviens pas!!

Passons sur Lituya Bay, j'en ai tellement parlé déjà, il suffit de relire les épisodes précédents.

Par contre la suite est inédite.

La "cicatrice" du glissement de terrain qui a provoqué le tsunami de 1958. Images  "overlay" de l'extrêmité Est de Lituya Bay: progression de l'encombrement rocheux entre 2022 et 2025. On distigue bien, sur une photo aérienne, le comblement du fond de la baie.
La "cicatrice" du glissement de terrain qui a provoqué le tsunami de 1958. Images  "overlay" de l'extrêmité Est de Lituya Bay: progression de l'encombrement rocheux entre 2022 et 2025. On distigue bien, sur une photo aérienne, le comblement du fond de la baie.
La "cicatrice" du glissement de terrain qui a provoqué le tsunami de 1958. Images  "overlay" de l'extrêmité Est de Lituya Bay: progression de l'encombrement rocheux entre 2022 et 2025. On distigue bien, sur une photo aérienne, le comblement du fond de la baie.
La "cicatrice" du glissement de terrain qui a provoqué le tsunami de 1958. Images  "overlay" de l'extrêmité Est de Lituya Bay: progression de l'encombrement rocheux entre 2022 et 2025. On distigue bien, sur une photo aérienne, le comblement du fond de la baie.
La "cicatrice" du glissement de terrain qui a provoqué le tsunami de 1958. Images  "overlay" de l'extrêmité Est de Lituya Bay: progression de l'encombrement rocheux entre 2022 et 2025. On distigue bien, sur une photo aérienne, le comblement du fond de la baie.
La "cicatrice" du glissement de terrain qui a provoqué le tsunami de 1958. Images  "overlay" de l'extrêmité Est de Lituya Bay: progression de l'encombrement rocheux entre 2022 et 2025. On distigue bien, sur une photo aérienne, le comblement du fond de la baie.
La "cicatrice" du glissement de terrain qui a provoqué le tsunami de 1958. Images  "overlay" de l'extrêmité Est de Lituya Bay: progression de l'encombrement rocheux entre 2022 et 2025. On distigue bien, sur une photo aérienne, le comblement du fond de la baie.
La "cicatrice" du glissement de terrain qui a provoqué le tsunami de 1958. Images  "overlay" de l'extrêmité Est de Lituya Bay: progression de l'encombrement rocheux entre 2022 et 2025. On distigue bien, sur une photo aérienne, le comblement du fond de la baie.

La "cicatrice" du glissement de terrain qui a provoqué le tsunami de 1958. Images "overlay" de l'extrêmité Est de Lituya Bay: progression de l'encombrement rocheux entre 2022 et 2025. On distigue bien, sur une photo aérienne, le comblement du fond de la baie.

Glacier LaPérouse au sud de Lituya Bay. La passe d'entrée à Lituya Bay avec le mont Fairweather dans le fond. En compagnie du Rainier de la Noaa. Au mouillage de l'ïle du cénotaphe.
Glacier LaPérouse au sud de Lituya Bay. La passe d'entrée à Lituya Bay avec le mont Fairweather dans le fond. En compagnie du Rainier de la Noaa. Au mouillage de l'ïle du cénotaphe.
Glacier LaPérouse au sud de Lituya Bay. La passe d'entrée à Lituya Bay avec le mont Fairweather dans le fond. En compagnie du Rainier de la Noaa. Au mouillage de l'ïle du cénotaphe.
Glacier LaPérouse au sud de Lituya Bay. La passe d'entrée à Lituya Bay avec le mont Fairweather dans le fond. En compagnie du Rainier de la Noaa. Au mouillage de l'ïle du cénotaphe.
Glacier LaPérouse au sud de Lituya Bay. La passe d'entrée à Lituya Bay avec le mont Fairweather dans le fond. En compagnie du Rainier de la Noaa. Au mouillage de l'ïle du cénotaphe.

Glacier LaPérouse au sud de Lituya Bay. La passe d'entrée à Lituya Bay avec le mont Fairweather dans le fond. En compagnie du Rainier de la Noaa. Au mouillage de l'ïle du cénotaphe.

                                YAKUTAT ou  LA GLACE EN MAJESTE

 

 

 

Notre équipière Dominique, dont le vol de retour approche, doit nous quitter bientôt et le seul aéroport sur cette côte, extrêmement sauvage, c'est Yakutat.

Depuis des années que je navigue dans le coin je n'y ai jamais fait escale pour la bonne raison que lorsque nous traversons le Golfe d'Alaska nous ne traînons pas, car il a plutôt mauvaise réputation.

Je rend grâce à Dominique de m'avoir un peu forcé la main.

Déjà, passant au large par beau temps j'avais pu deviner au loin l'impressionnante barre montagneuse d'une blancheur éblouissante qui domine la région.

L'entrée dans l'immense baie n'a rien d'exceptionnel en venant du Sud hormi cette impressionnante chaîne de pics, au loin, qui la domine. 

Nous rentrons dans la petite marina et Jade y trouve sa place facilement.

C'est, comme partout ailleurs, très accueillant et on se lie facilement avec les pêcheurs du coin.

Pour payer sa place c'est toujours la même chose en Alaska : quelques dollars dans une enveloppe glissée dans un genre de boîte aux lettres. Confiance!

Le clou de Yakutat c'est son glacier. Le Hubbard Glacier : 120km de long, un des plus grands glaciers d'Amérique du Nord, il prend sa source dans le Yukon canadien et vient de la chaîne du Mont St Elie .

On ne peut pas louper ce spectacle et quel spectacle ! Il coule litéralement à la jonction de deux immenses fjords, celui par lequel nous arrivons et le Russell Fjord au SE que parfois il obstrue en avançant. Ce fjord devient alors un lac de 64 km de long dont le niveau monte de plusieurs dizaines de mètres comme ce fut le cas en 2002. Puis le glacier recule un peu et libère une masse considérable d'eau et de glaces qui envahissent alors la baie de Yakutat. Ce glacier Hubbard avance continuellement et les scientifiques estiment que le Russell Fjord a de grandes chances de devenir un lac avant la fin de ce siècle. Etonnant, non?

Bref, nous y allons prudemment mais, en fait, pas assez, retrospectivement.

Arrivés devant le front du glacier, très haut, très vertical, très impressionnant , nous sommes pris par le spectacle grandiose et je commets une imprudence. Je décide de voler et de filmer depuis le drone.

Je confie la barre à Raymond, marin expérimenté s'il en est et bien m'en a pris. J'ai la chance d'assister en direct, alors que je suis en pleine séquence vidéo, à l'effondrement d'un énorme pan du glacier, juste sous mes yeux. Je ne réalise pas que l'eau verte chargée de glaçons défile à vive allure vers la droite en direction de l'étroite ouverture laissée par le glacier à l'entrée du Russell Fjord. Raymond à la barre se bat pour éviter les growlers qui passent à droite et à gauche de l'étrave et il est obligé d'accélérer pour étaler le fort courant qui nous dépale vers le SE.

Moment de stress partagé par tous à bord mais Jade est un bon bateau et son barreur à la hauteur. Nous nous en sortons fièrement ayant bien conscience qu'on ne rigole pas avec une telle Nature. 

Nous quittons Yakutat pour Cordova au SE du célébrissime Prince Williams Sound. 

C'est encore une première pour moi:  nous faisons cette route qui longe la côte vers Icy Bay puis Kayak Island. 

Et c'est un des plus beaux spectacles qu'il m'ait été donné de voir de toute ma vie. Il fait un temps de rêve et nous passons littéralement au pied du Mont St Elias qui culmine à près de 5500m au dessus de nos têtes. Son glacier large de plusieurs dizaines de km vient jusqu'à la côte en une sorte de coulée blanche parfaitement plate venant du plus profond de la chaîne. Une extraordinaire Mer de glace.

A sa droite, le Mont Logan dans le Yukon canadien, atteint les 6000m deuxième sommet d'amérique du Nord. 

Grandiose!!

Arrivée à Yakutat. Le Hubbard Glacier. Passage aujourd'hui ouvert vers le Russell Fjord  fermé par l'avancée du glacier en 2002.
Arrivée à Yakutat. Le Hubbard Glacier. Passage aujourd'hui ouvert vers le Russell Fjord  fermé par l'avancée du glacier en 2002.
Arrivée à Yakutat. Le Hubbard Glacier. Passage aujourd'hui ouvert vers le Russell Fjord  fermé par l'avancée du glacier en 2002.
Arrivée à Yakutat. Le Hubbard Glacier. Passage aujourd'hui ouvert vers le Russell Fjord  fermé par l'avancée du glacier en 2002.
Arrivée à Yakutat. Le Hubbard Glacier. Passage aujourd'hui ouvert vers le Russell Fjord  fermé par l'avancée du glacier en 2002.
Arrivée à Yakutat. Le Hubbard Glacier. Passage aujourd'hui ouvert vers le Russell Fjord  fermé par l'avancée du glacier en 2002.
Arrivée à Yakutat. Le Hubbard Glacier. Passage aujourd'hui ouvert vers le Russell Fjord  fermé par l'avancée du glacier en 2002.

Arrivée à Yakutat. Le Hubbard Glacier. Passage aujourd'hui ouvert vers le Russell Fjord fermé par l'avancée du glacier en 2002.

Mont St Elias et sa Mer de glace.
Mont St Elias et sa Mer de glace.

Mont St Elias et sa Mer de glace.

 

                                       PRINCE WILLIAMS SOUND

 

Il pleut à nouveau lorsque nous arrivons à Cordova. Nos amis Cathy et Eric arrivent peu après. Ils naviguent depuis des années à bord de Manevaï, leur Nouani. Nous nous retrouvons de temps à autre dans des coins improbables.

Les conversations vont bon train et nous sommes passionnés par les récits d'Eric qui a eu, dans sa vie d'officier de Marine, la chance de naviguer à bord d'un de nos sous-marins atomiques. Ca ne court pas les rues! Nous avons bien senti à certain moments que le "secret-défense" ne permettait pas de tout dire, même des années après !!

Valdez, notre prochaine scale n'est pas loin et nous faisons un stop obligé à Jade Harbor. Non seulement le nom sonne bien à nos oreilles mais le spot est très beau, à l'entrée du grand fjord de Columbia Glacier qui fait plus de 50km de long et 1000km2 de surface!!!

Changement d'équipage à Valdez où une surprise nous attend. La compagnie aérienne qui dessert Valdez depuis Anchorage a fait 4 tours et arrête son traffic aujourd'hui même sans préavis!!

J'avais bêtement imaginé que cette absence de vols était directement  liée au sommet Poutine /Trump qui a lieu tout près, à Anchorage.

Connaissant bien le coin je sais qu'il y a un ferry à Witthier et une route entre Whittier et Anchorage.

Les plans sont vite modifiés et voilà 3 équipiers qui prennent le ferry et 4 qui en arrivent  pour une croisière dans le Prince Williams Sound jusqu'à Seward.

Parmi les arrivants je retrouve Claude qui connait le bateau aussi bien que moi, c'est toujours un grand plaisir pour moi de l'avoir à bord.

Et puis 3 jeunes trentenaires éclatant de santé.

Cassandre et Auguste arrivent d'Indonésie et poursuivront ensuite leur voyage de 6 mois vers l'Amérique Latine, le Brésil, l'Afrique du sud, la Réunion.

Marie Charlotte, comme Cassandre, travaille dans le service de radiologie de l'Hopital. C'est pour cela que je les connais. Marie Charlotte est spécialiste de Radiologie Interventionnelle. La spécialité d'avenir qui se substitue bien souvent à la chirurgie. Un AVC et, pris à temps, Marie Charlotte va monter une sonde par l'artère fémorale pour aller pêcher le caillot embolisé dans une artère du cerveau. Magique!!

Un bain de jouvence pour nous qui pourrions être leurs parents!!!

Un vrai plaisir aussi car tout les étonne, les émerveille. Je n'ai guère de mérite.

 

Cordova et environs. Manevaï sur la grille d'échouage à Cordova.
Cordova et environs. Manevaï sur la grille d'échouage à Cordova.
Cordova et environs. Manevaï sur la grille d'échouage à Cordova.
Cordova et environs. Manevaï sur la grille d'échouage à Cordova.
Cordova et environs. Manevaï sur la grille d'échouage à Cordova.
Cordova et environs. Manevaï sur la grille d'échouage à Cordova.
Cordova et environs. Manevaï sur la grille d'échouage à Cordova.

Cordova et environs. Manevaï sur la grille d'échouage à Cordova.

Jade Harbor.
Jade Harbor.
Jade Harbor.
Jade Harbor.
Jade Harbor.

Jade Harbor.

Valdez. Arrivée des jeunes équipiers.
Valdez. Arrivée des jeunes équipiers.
Valdez. Arrivée des jeunes équipiers.
Valdez. Arrivée des jeunes équipiers.
Valdez. Arrivée des jeunes équipiers.
Valdez. Arrivée des jeunes équipiers.

Valdez. Arrivée des jeunes équipiers.

A columbia Glacier.
A columbia Glacier.
A columbia Glacier.
A columbia Glacier.
A columbia Glacier.
A columbia Glacier.
A columbia Glacier.
A columbia Glacier.
A columbia Glacier.
A columbia Glacier.

A columbia Glacier.

 

                                                  VERS WHITTIER

 

 

Avec eux nous explorons le Prince Williams Sound et je découvre de nouveaux mouillages inconnus de moi, souvent extraordinaires.

Bien sûr c'est ici qu'on trouve la plus grande concentration de tidewater glaciers, ces glaciers qui arrivent jusqu'à la mer pour y véler leurs icebergs et growlers.

Nous en explorons quelques uns parmi les plus spectaculaires : Columbia Glacier dès le début par un temps splendide, puis du côté de Whittier ceux de Barry Arm et  de College Fjord et ses 5 glaciers dont le Harvard et le Yale, gigantesques, que je survole avec le drone.

Nous faisons, sous une pluie battante, une escale amusante à Whittier. Le but était de se ravitailler. J'avais un peu oublié qu'à 35 ans on "dévore" la vie à belles dents et dans tous les sens du terme. Les appros de Valdez furent vite épuisées et il nous fallait refaire des vivres car le saumon ne suffisait pas.

Whittier est reliée par la route à Anchorage (50 miles). Il faut emprunter un tunnel qui a la particularité d'être partagé entre voitures et train, on roule littéralement sur les rails. La petite ville de 270 habitants a été construite dans les années 40 pour permettre un accès maritime aux troupes engagées dans la guerre contre le Japon. Un immeuble énorme domine le payasage et abrite 75% de la population. D'autres bâtiments militaires sont totalement désafectés et constituent une sorte de musée de la WW II car leur déconstruction se révèle trop onéreuse.

Faire des appros pour une bonne dizaine de jours relève ici de l'exploit. On ne trouve pas grand chose, mais ça fera quand même l'affaire. Je crois d'ailleurs avoir acheté la dernière bouteille de vin rouge pour un prix prohibitif!!

 

Le charme de Prince williams Sound.
Le charme de Prince williams Sound.
Le charme de Prince williams Sound.
Le charme de Prince williams Sound.
Le charme de Prince williams Sound.
Le charme de Prince williams Sound.

Le charme de Prince williams Sound.

Barry Arm et College Fjords ( ici Harvard Glacier).
Barry Arm et College Fjords ( ici Harvard Glacier).
Barry Arm et College Fjords ( ici Harvard Glacier).
Barry Arm et College Fjords ( ici Harvard Glacier).
Barry Arm et College Fjords ( ici Harvard Glacier).
Barry Arm et College Fjords ( ici Harvard Glacier).
Barry Arm et College Fjords ( ici Harvard Glacier).
Barry Arm et College Fjords ( ici Harvard Glacier).

Barry Arm et College Fjords ( ici Harvard Glacier).

Whittier : un building abrite 75% de la population. Le tunnel se partage entre trains et voitures
Whittier : un building abrite 75% de la population. Le tunnel se partage entre trains et voitures
Whittier : un building abrite 75% de la population. Le tunnel se partage entre trains et voitures
Whittier : un building abrite 75% de la population. Le tunnel se partage entre trains et voitures
Whittier : un building abrite 75% de la population. Le tunnel se partage entre trains et voitures

Whittier : un building abrite 75% de la population. Le tunnel se partage entre trains et voitures

 

                                               VERS SEWARD

 

Sur la route qui mène a Seward nous faisons quelques belles escales:

A Port Nellie Juan, que je ne connaissais pas, nous sommes accueillis, au moment de mouiller, par l'envol de milliers de mouettes. C'est la fin de la saison du saumon et d'ailleurs l'odeur ne trompe pas. Ray m'accompagne pour une exploration en annexe. Nous débarquons sur un rocher où les cadavres de saumons sont échoués à marée basse. Nous progressons vers la rivière qui doit venir d'un lac un peu plus haut et là nous nous retrouvons à marcher dans 10 cm d'eau sur des milliers de saumons qui s'acharnent à remonter le courant pour aller mourir un peu plus loin dans un dernier effort de reproduction. Ce n'est pas la première fois que nous assistons à un tel spectacle mais c'est toujours poignant. On a du mal à admettre que c'est le phénomène le plus naturel qui soit, cette mort annoncée qui va servir à la survie de l'espèce mais aussi à nourrir des colonies d'oiseaux, de rapaces , d'ours, renards, loups etc....

 

Port Nellie Juan. Une histoire naturelle.
Port Nellie Juan. Une histoire naturelle.
Port Nellie Juan. Une histoire naturelle.
Port Nellie Juan. Une histoire naturelle.
Port Nellie Juan. Une histoire naturelle.
Port Nellie Juan. Une histoire naturelle.
Port Nellie Juan. Une histoire naturelle.

Port Nellie Juan. Une histoire naturelle.

Sport à bord.
Sport à bord.
Sport à bord.

Sport à bord.

 

                                            BOWEN COVE

 

Un peu plus loin, avant d'arriver à Seward, nous mouillons dans Bowen Cove qui offre une vue imprenable sur un très beau glacier. Le coin est charmant et quelques maisons de bois sont accrochées aux falaises pentues.

Le lendemain nous nous rapprochons du glacier qui n'atteint plus la mer.

Je décole pour aller voir, au delà de la côte, comment se termine le glacier et je découvre un immense lac totalement encombré de growlers et de petits icebergs piégés, qui ne peuvent sortir par l'étroite rivière et s'entassent les uns sur les autres. C'est en revenant que je reste interdit devant la beauté du rivage, une peinture presque abstraite. Et puis cette image inattendue de Jade au milieu d'une eau chargée de "silt".

 

Bowen glacier : très photogénique.
Bowen glacier : très photogénique.
Bowen glacier : très photogénique.
Bowen glacier : très photogénique.
Bowen glacier : très photogénique.

Bowen glacier : très photogénique.

Juste avant Seward.
Juste avant Seward.

Juste avant Seward.

                                DANS LE KENAÏ NATIONAL PARK

 

 

A Seward, qui est aussi reliée à Anchorage par une magnifique route touristique et un train avec vue panoramique, nous effectuons le dernier changement d'équipage. Les jeunes repartent et de moins jeunes arrivent: Caroline, Florence et Marc. Tous bons marins et des habituées de Jade à l'exception de Marc qui découvre le bateau. 

Cependant tout le monde à bord connait l'Alaska et là nous allons longer le grand Park de Kénaï et ses nombreux glaciers puis explorer l'archipel de Kodiak que je vais retrouver comme Raymond et Claude avec un plaisir renouvelé.

La pluie nous accompagne dans les fjords profonds du Kenaï, mais le spectacle est cependant magique. Nous profitons du temps calme pour traverser sur Shuyak, l'île la plus nord se l'archipel de Kodiak.

 

L'équipage à Seward. Kenaï sous la pluie.
L'équipage à Seward. Kenaï sous la pluie.
L'équipage à Seward. Kenaï sous la pluie.
L'équipage à Seward. Kenaï sous la pluie.
L'équipage à Seward. Kenaï sous la pluie.
L'équipage à Seward. Kenaï sous la pluie.

L'équipage à Seward. Kenaï sous la pluie.

                                               COW BOY

 

 

A Shuyak nous retrouvons Port Williams où il y a quelques années nous avions fait la connaissance de "Cow Boy", le gardien solitaire des lieux qui nous avait étonnés par son mode de vie. C'était en 2022. 

Nous retrouvons la maison et les ruines de la cannery intactes, mais pas de "Cow Boy' en vue malgré nos appels. Ce n'est que plus tard, alors que Jade passe au pied de l'usine, à raser les piles en bois, que nous apercevons notre gars et son chien, accoudé à une balustrade qui nous observe  sans doute depuis un moment... Un vrai sauvage ce "Cow Boy" !!!

 

Port Williams. Cow-Boy en 2022.
Port Williams. Cow-Boy en 2022.
Port Williams. Cow-Boy en 2022.
Port Williams. Cow-Boy en 2022.

Port Williams. Cow-Boy en 2022.

                                            GEOGRAPHIC HARBOR

 

A Hidden Cove nous passons un bon moment à observer une ourse en train de pêcher à quelques mètre de nous .

Plus loin c'est Geographic Harbor qui montre toujours les cicatrices de l'énorme éruption du Novarupta de 1912, la plus puissante du XX ème siècle. Des ours en quantité, comme toujours, et un beau survol du coin.

Les ours de Geographic Harbor.
Les ours de Geographic Harbor.
Les ours de Geographic Harbor.
Les ours de Geographic Harbor.
Les ours de Geographic Harbor.
Les ours de Geographic Harbor.

Les ours de Geographic Harbor.

 

                                      VERS PORT LARSEN ( île de Kodiak)

 

On retraverse le Shelakof Strait pour rendre visite à nos amis Fields.

Weston est mort l'an dernier et, du coup, Bear Island, tristement, ne fonctionne plus. Son frère Duncan, sur son île de Harvester, nous reçoit ainsi que son épouse Leslie. Avec eux nous visitons ce site parfaitement aménagé où ils vivent une bonne partie de l'année. Leur fils y construit une belle demeure au milieu de la propriété. Leur accueil, comme d'habitude, est très chaleureux.

Pas loin au Sud, en face de Port Larsen nous nous mettons en dérive pour pêcher. Pêche miraculeuse : 16 morues remontent sur la plateforme arrière en peu de temps. Marc qui est un fin pêcheur en remonte à lui seul plus de la moitié...

La poissonnerie est ouverte, les filets se succèdent à vive allure et le congélateur se remplit : il est plein comme d'habitude en fin de saison , nous allons faire des heureux avant notre départ.

 

Cannery en ruines. Pacific cods  (morues) en quantité dans le coin.
Cannery en ruines. Pacific cods  (morues) en quantité dans le coin.
Cannery en ruines. Pacific cods  (morues) en quantité dans le coin.
Cannery en ruines. Pacific cods  (morues) en quantité dans le coin.

Cannery en ruines. Pacific cods (morues) en quantité dans le coin.

                                                   OUZINKIE

 

 

A Ouzinkie (communauté indienne) nous parcourons les quelques centaines de mètres de la passerelle de bois et débouchons à droite sur la ravissante église orthodoxe russe et son cimetière. Un peu plus loin c'est le musée de l'Ouzinkie Native Corporation et ses très beaux masques de bois.

Une dernière escale nous mène à Kitoï Hatchery où la saison se termine. La baie est envahie de saumons en fin de course et ici aussi les mouettes se retrouvent par milliers ainsi que des ours de Kodiak qui viennent se gaver sous nos yeux en préparation de leur hibernation qui commence dans un mois, en novembre.

 

Kitoï.
Kitoï.
Kitoï.

Kitoï.

A Ouzinkie une belle église orthodoxe et des masques indiens au musée.
A Ouzinkie une belle église orthodoxe et des masques indiens au musée.
A Ouzinkie une belle église orthodoxe et des masques indiens au musée.
A Ouzinkie une belle église orthodoxe et des masques indiens au musée.
A Ouzinkie une belle église orthodoxe et des masques indiens au musée.

A Ouzinkie une belle église orthodoxe et des masques indiens au musée.

                                KODIAK AU BOUT DU CHEMIN

 

Nous nous mettons à quai à Kodiak le 27 septembre. 

Le port de St Paul, en centre ville, est plein mais il n'aura pas fallu beaucoup négocier avec la capitainerie pour obtenir une bonne place temporaire avant de bouger vers St Hermann, prendre notre poste d'hivernage le 9 octobre.

Raymond nous quitte le 28 pour rejoindre Noumea. Un peu "distrait" (sa femme vous le confirmerait) le voilà qui embarque dans l'avion en oubliant son étui de cartes de crédit que Claude découvre en rangeant sa cabine....

Nous saurons par la suite qu'il s'en rend compte dès son arrivée à Anchorage au moment de payer le taxi. Par chance son hôtel est reglé d'avance, mais il n'a rien à se mettre sous la dent. Nous avons toutes les peines du monde à communiquer mais finalement nous trouvons la bonne solution: Caroline s'envole vers Anchorage le lendemain matin et ils se retrouveront tous les deux à l'aéroport d'où Raymond embarque pour Seattle... C'était ric rac mais à voir leur mine réjouie sur la photo, tout est bien qui finit bien.

Avec Claude et aussi Marc et Florence, nous préparons l'hivernage: un dur boulot comme tous les ans à la même époque, mais qui permet de tout ranger, nettoyer et d'effectuer certains travaux de maintenance indispensables. L'électronicien de Kodiak nous remet d'ailleurs en route toute l'électronique principale en panne depuis pratiquement notre départ de Roche harbor où j'avais maudit le mauvais technicien qui n'avait fait que des erreurs.

Jade est prête pour affronter son neuvième hiver en Alaska, mais celui ci devait se révéler de loin le plus extrême.

Une loutre, qui fait la planche, nous accueille à l'entrée du port. Une sculpture indienne fait cohabiter un chasseur sur son kayak et un orque, deux symboles forts de la culture native. Notre "petit" vehicule de travail faute de mieux comme c'est souvent le cas à Kodiak...Mine réjouie de Raymond et Caroline dans l'aéroport d'Anchorage.
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Pot pourri de photos. Merci à ceux à qui j'en ai empruntées en particiulier Jeanine Levie, Fred et Olivier  (les deux derniers sur la liste!!)
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commentaires
P
Quel bonheur !! L'attente d'un nouvel article est intenable...<br /> La qualité des photos est magnifique et les paysages somptueux.<br /> Mille mercis de nous partager ces moments là. Je ne rêve désormais que d'avoir un trawler en Colombie Britannique 🙂.<br /> J'avais une question : quelle est la raison de désormais laisser le bateau si haut au Nord l'hiver? Limiter les distances des balades, hivernage moins cher, autres ??<br /> Et quelle est le type de drone qui permet ce partage magnifique.<br /> Joel Marc Un grand merci pour tout ce partage plein de sincérité et de liberté
Répondre
J
Vraiment sympa!<br /> <br /> Je pense continuer à raconter quelques anecdotes qui ont marqué ma vie ou rendre hpmmage à des personnages comme Bill Sellers que j'ai rencontrés et qui ont parfois modifié mon parcours (je pense à Moitessier par exemple).<br /> <br /> Pourquoi Kodiak? <br /> C'est un endroit fantastique et théoriquement moins rude que les ports situés sur le Continent comme Seward, car c'est une île tempérée par l'Ocean. J'y ai déjà hiverné mais jamais dans les conditions de cet hiver... Donc malheureusement j'hésiterai pour une prochaine fois. <br /> Une autre raison : Kodiak est loin de Seattle et faire l'aller retour en une saison c'est plus compliqué. Cette année je vais redescendre, laisser Jade à Sidney (BC) et l'an prochain sans doute remonter jusqu'à Yakutat maximum!!<br /> Quant au trawler dans ces régions (BC et SE Alaska) c'est effectivement l'idéal car mer très abritée , très peu de vent en été. Les voiliers naviguent ... au moteur!!<br /> Le drone: DJI Mavic Pro 3 (caméra Hasselblad)<br /> Amicalement<br /> <br /> Joël
R
Merci pour ces belles images qui font rêver dans l’île de ré. Sympa de savoir que « Marguerite » navigue toujours.
Répondre
A
Bonjour, merci de me faire reivre une grande partie de nos croisières en Alaska. ...on s’y etais d’ailleurs crosés rapidement, à votre bord il y avait ...Michel Joubert .
Répondre
J
Oui!! Pauvre Michel. J'ai revu son bateau à Prince Rupert (BC) il y a deux ans je crois: c'est un bateau de charter à présent , bien entretenu, qui continue à naviguer. Amicalement. Joël

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